mardi, 13 septembre 2005

Existe-t-il des éoliennes en Auvergne ?

Le magnifique parc éolien de Cap Chat au Québec m'a incité à poursuivre une réflexion engagée ici sur les énergies renouvelables. Changement climatique, lutte contre l'effet de serre, épuisement des ressources naturelles : cette interrogation est au centre de mes préoccupations. David pousse aussi son coup de gueule sur l'influence des médias traditionnels dans cette affaire et je le comprends.

Au niveau mondial, la production d’électricité d’origine éolienne ne représente que 0,3%, loin derrière les énergies fossiles (65%), l’hydraulique (17%) et le nucléaire (17%). Au niveau national, l’énergie nucléaire (76% du total) domine la production d'électricité puis les carburants fossiles (gaz, pétrole et charbon à hauteur de 8%). Incapable de penser et d'agir au niveau local, notre pays doit suivre des directives européennes pour augmenter de 14% en 2004 à 21% en 2010 la part de ces énergies renouvelables. En même temps, l’hydroélectricité assure déjà presque 14 % de nos besoins dixit l'observatoire de l'énergie 2005 !  A moins de mal lire ces chiffres, je vous laisse en tirer les conclusions qui s'imposent concernant la part des énergies renouvelables en France. Je veux bien construire un petit barrage sur l'Ouzon en bas de chez moi mais je crois qu'il va falloir sérieusement repenser notre politique énergétique au profit de ces nouvelles opportunités "durables."

L'éolien ( tout comme la géothermie ou la combustion du bois et des déchets au demeurant même si j'ai un petit faible pour l'éolien ) a véritablement sa carte à jouer dans cette nouvelle distribution. Le combat est déjà disputé entre six régions francaises (Languedoc-Roussillon Nord-Pas-de-Calais Bretagne, Rhône-Alpes, Picardie et Midi-Pyrénées) qui se partagent les trois quarts de la production éolienne actuelle. Et en Auvergne me direz-vous ? Encore à savoir s'il faut mettre sa chaussure droite à son pied gauche alors les autres courent les premiers kilomètres et que le départ n'a pas encore été donné. Peu... ou pas de communication faite sur ce sujet dans la presse régionale ou spécialisée. Le sujet ( une étude sur les vents par exemple car la vitesse moyenne du vent conditionne évidemment la rentabilité d'une tel projet ) semble encore timidement abordé par l'Adheme. Je sais la difficulté de concilier la rentabilité économique d'un parc éolien et des visées environementalistes mais essayons quand même. 

Dans le Schéma de développement du Réseau Public de Transport d'électricité, consultable ici, la problématique éolienne y est abordé avec beaucoup d'imprécision : " la moitié sud de la région Auvergne (sud du Puy-de-Dôme, Haute-Loire et du Cantal essentiellement) est concernée par de nombreux projets éoliens." La Centrale Eolienne de Peyrelevade n'est pas en Auvergne si je ne m'abuse. Peu m'importe les projets de construction d'hypothétiques éoliennes dans les années à venir...Existe-t-il aujourd'hui des éoliennes en Auvergne ? Si oui, dites-moi où...

Rédacteur Agoravox

 

Commentaires

Si la Haute-Loire est en Auvergne - géographiquement du moins - le plus grand parc éolien est bien Auvergnat, précisément à Ally. 26 éoliennes de 122 m et de 1,5MW, sont installées et devraient être reliées à RTE en fin d’année.

Ecrit par : pierre | vendredi, 16 septembre 2005

En effet le Parc D’Ally Mercoeur , bel et bien situé en Auvergne , est à ce jour le plus grand parc Eolien Français.

Ecrit par : Eric | vendredi, 16 septembre 2005

Romain > Merci pour ce site
pierre > Je vous confirme que la Haute-Loire a toujours fait partie de l'Auvergne et SURTOUT merci pour avoir enfin répondu à ma question.
Eric > Merci pour cette double validation de l'information.

Ecrit par : ouzoulias | vendredi, 16 septembre 2005

Bonjour.
En lisant votre message enthousiaste pour l'éolien, je me
demande si vous avez en votre possession tous les éléments permettant de vous faire une opinion exacte sur cette énergie. Permettez-moi de vous suggérer la
consultation du site www.ventdecolere.org, fédération qui regroupe à ce jour plus de 200 associations en France. Si vous aviez déjà ces informations, excusez-moi de vous avoir dérangé. Bien amicalement,

Ecrit par : Katerine ROUSIES. | vendredi, 16 septembre 2005

Katerine ROUSIES > Votre apport à cette discussion ne me dérange nullement bien au contraire. Chaque projet d'innovation ouvre des brèches dans la norme et charrie son lot de mécontents et je le pomprends aisément. " La plus haute éolienne verticale" de Cap Chat a coûté à Hydro-Québec, donc au contribuable québécois, quelques 30 millions de dollars et n'a jamais produit d'électricité. Elle sert aujourd'hui d'attraction touristique. Votre association refuse l'éolien industriel et avance des arguments plus ou moins vrais. Il faut des gens comme vous solidaires dans leur conviction pour éviter de trop grandes déviances. Mais je reste certain que notre dépendance énergétique repose sur une gestion raisonnée de ces énergies renouvelables. C'était le ton que je souhaitais donner à ce billet car je crois fermement à l'éolien.

Ecrit par : ouzoulias | vendredi, 16 septembre 2005

L’éolien est très efficace quand on peut indifféremment utiliser l’énergie aujourd’hui ou demain quand elle est disponible (production d’alu par exemple) en revanche elle est inutile pour une production continue, même alliée à l’énergie solaire : il y aura tojours des journées sans vent ni soleil, et les stock de bois ou de déchets à brûler ne feront pas le poids, il faudra utiliser des énergies fossiles régulièrement. Donc sans compter le coût d’un tel dispositif, il restera bien plus poluant que du nucléaire où le risque est faible et l’ampleur des dégâts finalement minime en cas de fuite des résiduis radioactifs, et la possibilité d’un deuxième tchernobys (outre qu’on a en France autant de tués par la polution due aux énergies fossiles que Tchernobyl n’en a provoqué, et que à ces morts s’ajoute un risque global et sur le long terme considérable) est extrèmement faible (le niveau de sécurité en France n’a rien à voir à celui qu’il y avait en ex-URSS)

Et si on a de l’argent à gaspiller, autant faire de la recherche sur la fusion (seule possibilité propre, illimitée et sans risque).

Ecrit par : job | jeudi, 06 octobre 2005

Les parcs éoliens en mer me paraissaient une bonne idée, car ils enlèvent pas mal de nuisances "visibles"... De plus la régularité du vent en mer, surtout sur les cotes atlantiques françaises, est assez fantastique.

L’étude des meilleurs sites pour implanter un parc est loin d’être évidente. Actuellement, on dispose d’une carte assez détaillée et historisée des mesures de vent à 20 ou 30m d’altitude. Cependant, il apparait que le comportement des masses d’air n’est pas tout à fait le même à 80m, la hauteur d’utilité moyenne d’une éolienne. C’est à partir de ces données qu’on pourra déterminer les sites qui ont le plus de qualités pour l’implantation des parcs d’éolienne. Ceci permettra de réaliser des exemples en terme d’efficacité et de coût du KWh qui seraient à même de convertir les plus réticents :-)

Ecrit par : Marsu | jeudi, 06 octobre 2005

"nucléaire où le risque est faible et l’ampleur des dégâts finalement minime en cas de fuite des résiduis radioactifs, et la possibilité d’un deuxième tchernobys (outre qu’on a en France autant de tués par la polution due aux énergies fossiles que Tchernobyl n’en a provoqué, et que à ces morts s’ajoute un risque global et sur le long terme considérable) est extrèmement faible" Je vous trouve extrêmement optimiste ! Il ne faut pas sous-estimer les dégâts d’une éventuelle fuite radioactive, ça serait une catastrophe. Sans parler des déchets nucléaires qu’on ne sait pas gérer efficecement.

Ecrit par : Matthieu | jeudi, 06 octobre 2005

Le problème avec les éoliennes est leur durée de vie. Apparement cette durée n’est pas énorme. Alors avant de vouloir en implanter, il serait bon de se poser la question sur ce qu’on fait des éoliennes à la retraite. On crée une décharge géante, on les jette nin vu ni connu au fond de la mer, ou alors on peut s’en reservir autrement ?

Ecrit par : Matthieu | jeudi, 06 octobre 2005

le stockage n’est pas un réel problème : on connait leur durée de vie, une fopis vitrifiée et enfouie dans un lieu complètement stable (cad qui ne bougera pas avant des centaines de milliers d’années) le risque résiduel est quasi nul. D’autant que les techniques d’enfouissement tiennent compte de la possibilité (enfin, c’est presque impossible mais on en tient compte) d’un fort mouvement de terrain, d’un seisme etc. Le problème du nucléaire actuel c’est qu’il consomme un carburant, il faut pouvoir s’en passer à terme, la fusion sera moins chère (pas de coût de traitement de déchets) et parfaitement sûre (pas d’explosion possible).

La polution fait des milliers de morts chaque année, cause de gros problèmes de santé, coûte une fortune (en santé, en nettoyage des monuments etc) tandis que l’éolienne produit peu, pollue beaucoup à la construction et que le solaire pollue énormément à la construction/destruction et surtout ne produit rien (la durée de vie maximale est de 20 ans et la production des cellules consomme 15 ans de production dans nos climats... alors si on ajoute le risque de grèle, c’est facile à calculer, on ne produit rien, le solaire est plus une façon de stocker de l’énergie pour l’amener à un endrait inaccessible)

Ecrit par : Pierre | jeudi, 06 octobre 2005

Au fait, l’hydroélectricité n’est pas directement rentable mais permets de gérer les pics d’utilisation en déchargeant des retenues d’eau, elle est donc très utile, mais pas parce qu’elle est renouvelable plutôt comme moyen de stockage (EDF reremplit des retenues hautes pour les avoir à disposition).

Ecrit par : Franck | jeudi, 06 octobre 2005

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