mardi, 17 mai 2005
La mort de l'intranet ?
L'intranet est mort, vive l'intranet ! « Tout le monde est le premier à mourir » affirme Ionesco dans Le Roi se meurt. Or c'est bien cette toujours nouvelle banalité de chaque mort qui fait de cette discussion une source inépuisable d'inspiration. A l'image du vieux roi de Ionesco, nous n'assistons pas avec cette provocante question au face-à-face d’un mode d'organisation avec sa fin mais bien au contraire à une nouvelle recréation de l'intranet.
A l’heure où les spécialistes s'interrogent à juste titre sur la fusion de toutes les technologies web, devons-nous préparer nos mouchoirs et pleurer la fin de l'intranet ? Ne devrions-nous pas désigner différemment la réalité que recoupe les intranets et parler de figures de l'intranet ? D’un autre côté, peut-être est-il prématuré d’écrire les derniers chapitres de l'intranet alors que beaucoup d’entreprises (nord-américaines et européennes) ne se sont pas encore dotées d’intranets. Il serait sûrement plus intéressant de ne pas perdre de temps à définir l'intranet mais de réfléchir d’emblée à la mort d'une certaine conception de l'intranet.
Ceci dit, deux écoles de pensées vont pouvoir aiguiser leurs arguments.
Pour certains, l’intranet est le parent pauvre des technologies de l'information. Il a quelque chose d'insipide et sans saveur. L'internet au contraire bénéficie chez ces mêmes esprits des faveurs car il engage l'image. L'écueil sur lequel s'abîme souvent les entreprises est de ne pas croire aux communications internes comme vecteur important de changement alors que l'intranet et surtout l'internet viennent tous deux du dedans de l'organisation.
Pour d’autres, "Oui l'intranet va mourir" car il va se transformer par rapport à ce que nous connaissons aujourd'hui. Trois concepts plus particulièrement vont évoluer : les outil interne des équipes virtuelles internes vont ressentir le besoin d'aller dehors, l'intranet ne sera plus seulement accessible par une interface PC et la question de langage avec ses concepts de pages et de publication sera effacée au profit d'une notion de bouquet de services.
L'intranet vise à devenir profondément essentiel et donc à s'effacer. Les différents besoins convergeront alors vers 3 types de contenus : communication, collaboration et processus d' affaires.
Fallait-il faire naître l'outil intranet pour aller ensuite vers une construction, destruction du système ? Le débat se déplace : il ne s'agit peut-être plus d'une réflexion sur la mort de l'intranet mais une méditation sur sa réincarnation. Une vie en somme à tenter de se définir dans un contexte sécuritaire qui a évolué, dans un monde nomade dans lequel le défi organisationnel est profondément humain. Un intranet correspondant à l'évolution de l'homme face à la technologie. Il est menacé dans sa conception. La culture des organisations entre en compte dans l'appréciation de cette (re)naissance en montrant comment la technologie peut forcer la transversalité des choses. Le défi sans doute pour les prochaines renaissances de l'intranet tient dans ce nouvel espace de raisonnement où l'importance est de connaître la vision et les modèles qu'ont les gens pour mieux en construite le futur. Nul doute que ce besoin doit être évalué de manière continue !
04:25 Publié dans France - quoi faire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Les commentaires sont fermés.